Le débat sur l’ouverture du service civil aux femmes est à nouveau ouvert
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Le débat sur l’ouverture du service civil aux femmes est à nouveau ouvert

En deuxième débat, le Grand Conseil vaudois a confirmé son vote pour ouvrir le service civil aux femmes. Suite au dépôt d’une initiative parlementaire, le Conseil d’Etat avait rédigé un projet de décret allant dans ce sens. Le courage de la Conseillère d’Etat libérale-radicale Jacqueline de Quattro, pour défendre l’ouverture du service civil aux femmes, est à souligner. En effet, son avis favorable n’a pas obtenu l’appui de son propre parti.
Ouvrir le service civil aux femmes sur une base volontaire est une revendication portée depuis longtemps par les milieux non-violents, pacifistes et anti-militaristes. L’initiative parlementaire vaudoise devra désormais être traitée à Berne. En s’adressant aux autorités fédérales, le canton de Vaud est désormais précurseur sur ce dossier. Ce fut déjà le cas en 1959, puisque le canton de Vaud a été le premier de Suisse à accorder le droit de vote et d’éligibilité aux femmes. La volonté politique d’ouvrir le service civil aux femmes est également un bel hommage au vaudois Pierre Cérésole qui a créé le Service civil international.
L’initiative parlementaire vaudoise vient ainsi en appui à d’autres démarches qui ont été entreprises pour ouvrir le service civil aux femmes. Le débat est probablement encore loin d’être clos. Au regard du retournement de vote du PLR-vaudois en plenium, il est certain que le lobby militaire a su oeuvrer. En commission, 8 voix et une abstention ont accepté de renvoyer l’initiative au Grand Conseil avec un préavis favorable. Au vote final, 68 députés contre 64 ont accepté l’initiative.
Pour que le service civil puisse être ouvert aux femmes sur une base volontaire, il faudra continuer à apporter des réponses à divers oppositions, dont certaines sont erronées et d’autres relèvent des choix de société : le service civil constitue une concurrence à l’économie privée1, les femmes ont déjà la possibilité de faire du bénévolat ou de faire de la protection civile dans des missions liées au social, le nombre de places pour les civilistes est insuffisant2 et il ne faut pas empêcher les hommes de remplir leur obligation de servir leur pays, il faut donner les moyens financiers à notre armée et non au service civil, il faut privilégier une obligation généralisée de servir, etc.
Cela dit, lors du débat du Grand Conseil, des voix se sont aussi exprimées pour souligner que de plus en plus de jeunes souhaitent donner du sens à leurs engagements. C’est sans compter qu’une majorité de députées et de députés vaudois souhaitent ouvrir le service civil aux femmes. Une belle victoire !
Ecouter le débat du Grand Conseil du 28 août 2012 (point 12 de l’ordre du jour).
1 Légalement, les places d’affectation de service civil ne doivent pas constituer une concurrence à l’économie privée. Par ailleurs, les civilistes effectuent des missions d’intérêt public pour lesquelles des moyens font défaut.
2 Il y a eu des craintes lorsque le nombre de demandes pour effectuer un service civil a fortement augmenté à partir du moment où il n’a plus été exigé des civilistes à prouver leurs conflits de conscience. Depuis la situation a été rétablie. Par ailleurs, le potentiel de créer de nouvelles places existe.

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